Adotion de la loi 115: Lettre aux députés du gouvernement de Jean Charest de la région

Rouyn-Noranda, le mercredi 20 octobre 2010

Monsieur le ministre Pierre Corbeil
Monsieur le député Daniel Bernard

Objet : Loi 115 (écoles passerelles)

Bonjour,

Permettez-moi de vous exprimer, au nom des membres que nous représentons dans la région, notre plus profonde déception à l’égard des positions que vous et votre gouvernement avez prises en rapport au projet de loi 103 et à l’adoption de la loi 115 (écoles passerelles). Dans un premier temps, nous aimerions souligner qu’à notre avis, un débat aussi important que l’avenir du français au Québec aurait dû se faire sans que votre gouvernement n’utilise l’argument de l’urgence pour encore une fois se servir du bâillon comme procédure parlementaire. Votre gouvernement s’est malheureusement fait, au fil du temps, champion de l’utilisation de cette procédure.

La FTQ, en commission parlementaire, a clairement indiqué son souhait de voir le gouvernement du Québec retenir la solution proposée par le Conseil supérieur de la langue française, soit l’application de la Charte de la langue française à toutes les écoles, y compris aux écoles anglaises privées et non-subventionnées. Votre gouvernement aurait aussi pu utiliser la clause dérogatoire.

De toute évidence, malgré toutes les solutions qui vous ont été proposées en commissions parlementaires, vous avez choisi de les ignorer et d’aller de l’avant avec une loi qui, à notre avis, fragilise davantage le français au Québec et consacre l’idée que l’argent peut acheter un droit constitutionnel.

La FTQ a fait de la défense de la langue française l’une de ses priorités et ce depuis fort longtemps, et compte bien continuer à travailler ardemment pour préserver celle-ci.

En terminant, permettez-moi de réitérer notre insatisfaction et notre déception face à votre position dans ce dossier.

Bien à vous,

Gilles Chapadeau
Conseiller régional FTQ
Abitibi-Témiscamingue et Nord du Québec

c. c. membres du Conseil régional FTQ-ATNDQ