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Une langue est morte

Agence France-Presse
cyberpresse.ca
Publié le 05 février 2010

Le dernier membre d’une tribu des îles Andaman (océan Indien), appartenant à l’une des plus vieilles cultures du monde, vient de mourir, a annoncé jeudi Survival International.

Cette organisation pour la défense des peuples indigènes, basée à Londres, a annoncé la disparition la semaine dernière de Boa Sr, à l’âge de 85 ans environ, qui était la dernière locutrice de «Bo», l’une des dix langues des Grands Andamans.

On estime que les Bo vivaient dans les îles Andaman depuis 65.000 ans.

À l’origine on dénombrait 10 tribus distinctes, dont les Bo, s’élevant à 5.000 personnes avant la colonisation britannique en 1858. La plupart d’entre eux ont été tués ou ont succombé aux maladies véhiculées par les colonisateurs.

Boa Sr était la plus âgée des Grands Andamanais, qui compte actuellement seulement 52 personnes.

«Avec la mort de Boa Sr et l’extinction de la langue Bo, une part unique de la société humaine n’est plus qu’un souvenir», a déclaré Stephen Cory, le directeur de Survival International dans un communiqué.

«La perte de Boa indique qu’on ne doit pas permettre que cela arrive aux tribus des îles Andaman», a-t-il ajouté.

Les habitants des îles Andman dépendent largement de l’aide du gouvernement indien pour survivre.

Boa Sr qui avait échappé au tsunami dévastateur en décembre 2004 aurait indiqué, selon les linguistes: «On était tous là quand le séisme a eu lieu. Le plus âgé d’entre nous a dit: «la terre va s’ouvrir, ne fuyez pas, ne bougez pas».

La population faible des îles Andaman est divisée en de nombreuses tribus parlant une langue isolée qui peut être apparentée au groupe môn-Khmer.