DÉCLARATION DE LA FRANCOPHONIE SYNDICALE À L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE LE 20 MARS 2009

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Les travailleuses et les travailleurs membres de la Francophonie Syndicale de la Confédération Syndicale Internationale (FS/CSI) fêtent, à l’instar de l’ensemble de la communauté francophone sur tous les continents, le 20 mars, la Journée Internationale de la Francophonie.

Mais, la Journée Internationale de la Francophonie se célèbre cette année dans un contexte particulier de crise, qui a entrainé le monde dans une récession économique sans précédent et dont les conséquences seront source de tension et d’instabilité dans toutes les régions notamment en Afrique.

Cette situation dramatique va affecter plus grandement le monde du travail où déjà, les licenciements, les fermetures d’entreprises et les restructurations sont légion. D’après les prévisions de l’OIT, les perspectives ne sont guère meilleures car, entre 18 et 30 millions de salarié(e)s pourraient se retrouver au chômage en 2009 pour cause de crise, et leur nombre pourrait grimper à 50 millions si la conjoncture économique continuait à se détériorer. Dans un grand nombre de pays émergents, les pertes d’emploi massives seront accompagnées d’une diminution sensible des revenus réels des ménages.

De même, la crise alimentaire et énergétique qui semblait s’estomper risque de remonter en flèche et entrainer davantage de difficultés pour les groupes sociaux à faible revenu.

Sans aucun doute, les catégories qui seront les plus exposées dans cette crise seront les minorités ethniques, les groupes défavorisés mais encore et surtout les travailleuses et les travailleurs migrants qui seront nombreux à perdre leur emploi et à risquer leur rapatriement.

La FS/CSI saisit l’occasion de la célébration de la journée du 20 mars 2009 pour appeler les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays, ayant le français en partage, à reconnaître l’urgente nécessité d’agir pour une gouvernance plus juste, plus démocratique et plus inclusive des marchés mondiaux. De nouvelles voies pour l’économie mondiale doivent être tracées, les investissements mieux orientés et le marché financier mieux régulé.

Promouvoir la création d’emplois décents pour une vie décente, revendication principale de la FS/CSI aux côtés du mouvement syndical international, doit être une priorité et être considérée non pas comme un problème dans le contexte actuel mais comme une partie essentielle de la solution. C’est plus que jamais l’occasion d’œuvrer pour la promotion du dialogue social par l’implication des organisations syndicales aux différentes négociations au niveau national, régional et international.

Des mesures s’attaquant à la crise de justice distributive doivent être prises pour combattre les inégalités grandissantes et œuvrer à une croissance plus équilibrée dans l’économie mondiale entre les régions, de même qu’au niveau de chaque pays, en veillant à attribuer un rôle accru aux syndicats des travailleurs pour parvenir à une distribution plus équitable entre le capital et le travail, mais aussi entre l’homme et la femme.

Tel est le message que la FS/CSI demande à l’ensemble de ses membres de transmettre à leurs Chefs d’Etat et de gouvernement ainsi qu’à leur communauté durant les manifestations du 20 mars 2009.

Bruxelles le 20 mars 2009