La FTQ rend hommage à Fernand Daoust - Il a consacré sa vie à défendre la langue française

Fernand Daoust a été récipiendaire de l’Ordre des francophones d’Amérique et du prestigieux Prix Georges-Émile Lapalme.

Fernand Daoust a été récipiendaire de l’Ordre des francophones d’Amérique et du prestigieux Prix Georges-Émile Lapalme.

Toute sa vie syndicale en témoigne : Fernand Daoust a certainement été le plus grand défenseur de la langue française au sein du mouvement ouvrier québécois.

Le 20 mars, à l’occasion de la Semaine du français, la FTQ a rendu un hommage spécial à son ancien président et secrétaire général, Fernand Daoust. La cérémonie tenue au Complexe FTQ, à Montréal, a rassemblé notamment des travailleurs et travailleuses actifs au sein des comités de francisation.

«Par cet hommage, nous avons voulu témoigner de notre reconnaissance et de notre fierté pour l’engagement inébranlable de Fernand Daoust en faveur de la défense et de la promotion du français comme langue de travail et comme langue nationale au Québec», a témoigné le président de la FTQ, Henri Massé.

Fernand Daoust, qu’on a souvent appelé amicalement «le grand», a été membre de l’Office de la langue française durant 25 ans, jusqu’à l’an dernier. En 1984, il a créé le Service de la francisation de la FTQ qui a servi de bougie d’allumage à de multiples luttes syndicales et qui œuvre depuis sans relâche à la francisation des milieux de travail.

D’ailleurs, le secrétaire général René Roy a souligné «la lutte acharnée de Fernand Daoust en faveur de la spécificité culturelle, linguistique et syndicale québécoise ainsi que son combat en faveur de la souveraineté du Québec».

Après avoir été secrétaire général de la FTQ (1969-1991), puis président (1991-1993), notre confrère a été président du conseil d’administration du Fonds de solidarité FTQ, où il est aujourd’hui conseiller spécial.

Le français, passion de toute une vie
Dès les années 50 à Montréal, alors qu’il était un jeune syndicaliste fringant, Fernand Daoust a commencé ses nombreuses luttes syndicales pour le français en réclamant que notre langue soit celle des négociations et des conventions collectives dans de grandes entreprises où tout se passait alors en anglais.

Dans les années 60, en tant que directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), il a pris carrément position contre le projet de loi 63 qui ouvrait la porte toute grande à l’anglicisation. Il a été parmi les fondateurs du Mouvement Québec français. Élu secrétaire général de la FTQ en 1969, il fut l’un des artisans de la politique linguistique adoptée cette année-là par la centrale en faveur d’un Québec français. Il a participé en 1970 à la lutte des syndiqués de la General Motors à Boisbriand qui se battaient pour travailler en français.

Lors des débats qui ont mené à l’adoption de la Charte de la langue française (la loi 101) par le gouvernement du Parti Québécois, Fernand Daoust est intervenu énergiquement pour que cette loi enclenche un mouvement de francisation des entreprises et qu’elle reconnaisse les syndiqués comme des acteurs indispensables de ce processus.

Par ailleurs, Fernand Daoust a joué un rôle capital dans l’affirmation du caractère québécois et francophone des syndicats affiliés à la FTQ et rattachés au mouvement syndical canadien et nord-américain. Il a mené de main de maître les négociations avec le Congrès du travail du Canada (CTC) pour le rapatriement au Québec de plusieurs compétences et services, dont les conseils régionaux et l’éducation syndicale. Alors qu’il était président de la FTQ, c’est lui qui a négocié, en 1993, un statut de «souveraineté-association» avec le CTC.