La loi 101 a 25 ans : Où en sommes-nous ?

«CAE a testé le système jusqu’au bout. Finalement, l’Office de la langue française a exigé que l’entreprise se conforme à la loi et poursuive son programme de francisation. L’employeur avait francisé  les services directs aux salariés qui pouvaient donner lieu à des plaintes. Mais on devra faire plus. La francisation, c’est respecter le droit des gens de travailler dans leur langue, de maîtriser leur travail dans leur langue. Après tout, en Italie les gens travaillent bien en italien!»  <br><b>Lucie Pratte,</b> militante en francisation depuis 1991 chez CAE Électronique (SCEP-522)

«CAE a testé le système jusqu’au bout. Finalement, l’Office de la langue française a exigé que l’entreprise se conforme à la loi et poursuive son programme de francisation. L’employeur avait francisé les services directs aux salariés qui pouvaient donner lieu à des plaintes. Mais on devra faire plus. La francisation, c’est respecter le droit des gens de travailler dans leur langue, de maîtriser leur travail dans leur langue. Après tout, en Italie les gens travaillent bien en italien!»
Lucie Pratte, militante en francisation depuis 1991 chez CAE Électronique (SCEP-522)

Le 26 août 2002 marque le 25e anniversaire de la Charte de la langue française ou loi 101. À l’époque, la loi imposait l’usage exclusif du français dans l’affichage public, obligeait les grandes entreprises à se franciser, restreignait l’accès à l’école anglaise aux seuls enfants dont l’un des parents avait reçu son enseignement primaire en anglais au Québec et reconnaissait comme officielle la seule version française des lois. Au fil du temps, les nombreuses contestations judiciaires ont réduit la portée de la loi, mais ses grandes lignes continuent de s’appliquer. Elle nous a permis, à tout le moins, de sauver les meubles dans les milieux de travail.

Aujourd’hui, dans les entreprises, les progrès sont notables mais la situation restera toujours fragile. « Après 25 ans, la loi doit trouver un second élan, soutient René Roy, secrétaire général de la FTQ. Nous avons consacré beaucoup d’énergie à franciser les entreprises; il est maintenant urgent de susciter l’adhésion des Québécois et des Québécoises venus d’ailleurs aux objectifs de la politique linguistique du Québec. Et c’est principalement par les milieux de travail que cela doit se réaliser.»

Ceux et celles qui poursuivent la lutte pour la défense du français en milieu de travail constatent que sans la loi 101 la francisation des entreprises aurait été irréalisable. En font foi nos deux témoignages.

La loi 101 modifiée
Depuis le 1er octobre, le projet de loi 104 modifie la Charte de la langue française. Il vise surtout à empêcher qu’un passage d’un an dans une école privée de langue anglaise non subventionnée permette de «gagner», pour un enfant, mais aussi pour ses frères et sœurs et leurs descendants, un droit à l’enseignement en anglais dans une école publique ou privée subventionnée.

La loi instaure des mesures de francisation des entreprises et quelques protections pour les membres des comités de francisation. Elle crée l’Office québécois de la langue française qui assumera les mandats confiés à la Commission de protection de la langue française, à l’Office de la langue française et à la Commission de toponymie.

Dès lors, René Roy, secrétaire général de la FTQ, succède à Fernand Daoust, ancien président et secrétaire général, à titre de membre de l’Office québécois de la langue française. Fernand Daoust est membre fondateur de l’Office de la langue française où il a siégé durant 25 ans. Le mandat de René Roy est de 5 ans.



«Dans l’unité que je représente, les bureaux, le personnel est à 75 % anglophone. La majorité des employés sont fonctionnels en français mais hésitent à l’utiliser. Il y a eu des progrès en partie dû au fait que la compagnie a émis une politique linguistique : pour encourager le personnel à apprendre le français et pour augmenter l’embauche de francophones à tous les échelons. Mais s’il n’y avait pas eu de comité de francisation, ça n’aurait pas avancé comme ça.»
Louison Quirion, militant en francisation depuis 15 ans chez Rolls Royce (AIMTA-2468)