Mot du président de la FTQ, Daniel Boyer

Daniel Boyer, président de la FTQChers militants et militantes de la francisation,

Il y a 40 ans, l’Assemblée nationale du Québec adoptait la Charte de la langue française. Il s’agit d’un anniversaire qu’il convient de célébrer avec sobriété, puisque des gains incontestables ont été ombragés par d’autres reculs.

De quoi sera fait l’avenir? Selon les projections linguistiques de Statistique Canada, dans 20 ans, le français sera parlé par une proportion de moins en moins grande de la population, au Québec et partout au Canada. Le déclin du français comme langue parlée à la maison est susceptible d’entrainer un déclin du français comme langue parlée en public ou au travail, d’autant plus que cette tendance s’accompagne d’une diminution de la connaissance globale du français et une croissance du bilinguisme chez les francophones.

La bonne nouvelle est qu’une tendance, ça se renverse! L’adoption de la Charte de la langue française en 1977 a permis de renverser une tendance démographique favorisant l’anglicisation des immigrants. C’est tout le pouvoir des politiques publiques. Mais pour que des politiques publiques renversent des tendances, il faut un certain nombre d’ingrédients, dont l’engagement soutenu d’une société civile qui veille au grain. C’est la raison pour laquelle la loi 101 a fait des syndicats des sentinelles de la francisation. Et c’est dans cet esprit que je vous invite à poursuivre votre travail assidu pour qu’on se donne les moyens, collectivement, de franciser les personnes et nos milieux de travail.

Daniel Boyer, président

Source : Bulletin Travailler en français, volume 40, printemps 2017, page 2