Projections linguistiques de Statistiques Canada pour 2036

Le rapport Projections linguistiques pour le Canada, 2011 à 2036, publié par Statistique Canada le 25 janvier 2017 nous apprend que le français poursuivra son déclin relatif au Québec si les tendances actuelles se maintiennent, alors que l’anglais et les langues tierces seront en progression.

Voici une analyse des faits saillants de ces projections, par Guillaume Marois, démographe.

  • Au Québec, la proportion de personnes ayant le français comme langue maternelle passera de 78,9% en 2011 à 70,1% en 2036. La proportion d’anglophones passera quant à elle de 8,2% à 8,7%, alors que celle d’allophones de 12,9% à 21,2%.
  • Concernant la langue parlée à la maison, les tendances sont similaires. La proportion de francophones passera de 81,6% en 2011 à 74,4% en 2036. La proportion de personnes parlant l’anglais à la maison augmentera quant à elle, passant de 10,7% en 2011 à 12,6% en 2036.
  • Ce déclin du français est en grande partie causé par l’arrivée de forts contingents d’immigrants allophones.
  • Dans l’ensemble du Québec, la proportion de personnes ayant une connaissance du français connaitra un léger déclin, tandis que la connaissance de l’anglais connaitra une forte croissance causée par l’augmentation du bilinguisme chez les francophones et l’arrivée d’immigrants anglophones. Les francophones seront non seulement plus nombreux que jamais à connaitre l’anglais, mais également proportionnellement moins importants au Québec par rapport aux autres groupes linguistiques. À l’opposé, un léger déclin de la connaissance du français est prévu chez les anglophones.
  • Malgré les progrès dans la francisation des immigrants réalisés au cours des dernières décennies, la composition et les comportements linguistiques de l’immigration continuent ainsi de favoriser l’anglais par rapport au français.
  • Étant donné la concentration de l’immigration à Montréal, le déclin du français y est nettement plus prononcé. Dans l’ensemble de la région métropolitaine (y compris les banlieues), tant pour la langue maternelle que pour la langue parlée à la maison, le français perdra plus de 10 points de pourcentage pour se situer à environ 67% pour la langue maternelle et 72%pour la langue parlée à la maison. Pour les deux indicateurs, l’anglais connaitra quant à lui une hausse.
  • L’immigration est maintenant l’un des principaux facteurs pouvant affecter la structure socioculturelle du Québec. Sans changement important dans ses effectifs, sa composition ou dans l’efficacité des politiques de francisation, elle contribuera certes à augmenter le poids du Québec au sein du Canada, mais aussi à diminuer la place du français au Québec.

Source : Bulletin Travailler en français, volume 40, printemps 2017, page 2