2010-03-09

L’entreprise Johnson & Johnson reçoit son certificat de francisation

La remise officielle du certificat de francisation, le 11 février 2010
Le 11 février dernier, l’Office québécois de la langue française (OQLF) décernait à l’entreprise Johnson & Johnson un certificat de francisation. Cette reconnaissance écompense un travail de presque trente ans de la part du comité de francisation de l’entreprise pour se conformer aux dispositions de la Charte de la langue française au chapitre de l’utilisation du français au travail.

QUI EST JOHNSON & JOHNSON?
Fondée en 1886, Johnson & Johnson, une entreprise américaine,
est l’un des plus importants fabricants au monde de produits
pharmaceutiques, de matériel médical, de produits d’hygiène,
de santé et de cosmétiques. En 1919, Johnson & Johnson installe sa première filiale à l’étranger, au Canada, à Montréal.

Même si l’entreprise n’exploite qu’un seul établissement, ses
activités se divisent en quatre unités d’affaires distinctes aux situations linguistiques parfois différentes. Il y a l’usine chargée de la fabrication des produits d’hygiène féminine qui compte environ 780 employés dont près de 700 sont représentés par la section locale 115 du Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), le centre de recherche en produit sanitaire, le bureau de vente et un bureau dédié spécialement aux produits médicaux.

UNE DÉMARCHE LONGUE MAIS FÉCONDE
Selon les prescriptions de la Charte, la durée du processus de francisation s'étend de la date de l’inscription auprès de l'OQLF jusqu'à la date de la délivrance du certificat de francisation. Cette période dévolue à l’application du programme de francisation varie d’une entreprise à l’autre. Par exemple, Johnson & Johnson appliquait un programme de francisation depuis novembre 1980.

La démarche de francisation chez Johnson & Johnson repose
avant tout sur les efforts importants déployés par les membres du comité de francisation. Au cours des deux dernières années, ils ont travaillé sans relâche pour convaincre la direction de l’entreprise et pour obtenir le soutien technique nécessaire à la réalisation de toutes les mesures prévues au programme de francisation.

Aujourd’hui, Johnson & Johnson est l’exemple d’une démarche
de francisation réussie; une entreprise où l’on vit et travaille en français et où le comité de francisation est engagé et décidé à veiller au grain.

Avec le soutien indéfectible de la présidente du comité de
francisation, madame Irène Mascolo, directrice des ressources
humaines, le comité de francisation est allé au-delà des
mesures prévues au programme de francisation. Ils ont réussi à convaincre la direction de l’entreprise de réaliser quelques mesures supplémentaires.

VERS UNE FRANCISATION DURABLE
Les amendements apportés à la Charte en 1983 ont clairement
établi la permanence du mandat des comités de francisation,
et donc de la mission des représentants des travailleurs et
travailleuses. Chez Johnson & Johnson, la direction tient à préserver ses acquis et pour y parvenir, elle va au-delà des obligations de la Charte en investissant dans la prévention.

Par exemple, l’entreprise consent à libérer à plein temps, pendant plusieurs semaines, un membre syndiqué du comité de francisation pour réaliser des activités de francisation et de sensibilisation auprès du personnel.De plus, le comité de francisation disposera d’un babillard, à l’entrée de l’usine, dédié aux travaux du comité.

Voilà une entreprise qui a su travailler avec son comité de francisation et impliquer son personnel.

LE PARCOURS DE FRANCISATION
La Charte de la langue française donne aux Québécois et Québécoises le droit de travailler en français; en orollaire, toutes les entreprises doivent se soumettre à certaines règles de fonctionnement linguistiques. En outre, les entreprises comptant cinquante personnes et plus à leur emploi sont dans l’obligation de posséder un certificat de francisation; les entreprises de plus petite taille sont quant à elles simplement tenues de respecter les articles exécutoires de la Charte, contenus aux chapitres sur la langue du travail et sur la langue du commerce et des affaires.

La Charte de la langue française fait obligation aux entreprises employant cent personnes ou plus d’instituer un comité de francisation d’au moins six personnes. La moitié des membres du comité de francisation doivent représenter les travailleurs et travailleuses de l’entreprise.

Le comité de francisation procède à l’analyse linguistique, élabore le programme de francisation, surveille l’application du programme et veille à ce que le français demeure généralisé à tous les niveaux de l’entreprise une fois le certificat obtenu.

Pour établir si l'usage du français est généralisé ou non et si un certificat de francisation devrait être délivré, l'OQLF tient compte des neuf éléments de l’article 141 de la Charte.

Une entreprise doit, pour détenir son certificat de francisation démontrer à l’OQLF que l’utilisation du français est généralisée à tous les niveaux de l’entreprise. Après la délivrance du certificat, les entreprises certifiées doivent remettre à l’OQLF, à tous les trois ans, un rapport sur l’évolution de l’utilisation du français dans l’entreprise.