Pourtant, ce n’était qu’une aventure

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Neus Pont

Poussée par le seul désire de l’aventure de la découverte d’un pays nouveau, Neus Pont, toute jeune mariée qu’elle fut, débarqua à Montréal, le 12 mars 1976, laissant derrière elle sa Barcelone natale. Ne connaissant âme qui vive dans ce nouveau coin du monde, le jeune couple se met à la recherche d’un travail et affronte les derniers soubresauts de l’hiver québécois.

C’est dans une usine de fabrication de clés et de serrures que Neus débute sa carrière sur le marché du travail. Au cours des treize années qui vont suivre elle occupera plusieurs emplois et ne verra pas le temps passer. Après une halte au Mexique et une autre à Sherbrooke, au Québec, la famille qui, entre temps, s’est agrandie, décide de s’installer à Montréal. Neus, pour mieux participer à la vie québécoise, s’engage dans l’action communautaire; comités d’écoles, associations d’immigrants et d’actions paroissiales.

En 1989, elle est embauchée à l’hôpital des anciens combattants de Sainte-Anne-de-Bellevue où elle s’implique dans l’action syndicale en tant que déléguée de la section locale 10008 de l’Alliance de la fonction publique du Canada. C’est à l’occasion d’un colloque organisé par son syndicat que Neus découvre, un peu abruptement, l’importance de l’engagement actif à la vie syndicale quand on veut changer des choses. Lorsque quelqu’un lui demande si elle songe à s’impliquer au lieu de critiquer, « je me suis dit, je m’implique ou je la ferme. Si je ne m’implique pas, je n’ai pas le droit de critiquer. »

En tant que militante désormais, Neus travaille activement au dossier de l’équité salariale pour son syndicat en plus de s’occuper de formation. Et voilà qu’en 2004, lors du congrès de la FTQ, elle est élue vice-présidente suppléante au Comité de la condition féminine de la centrale.

C’est lors de son passage de formation au Collège FTQ-Fonds, il y a 4 ans, que Neus se découvre une nouvelle façon de militer. Avec sa compagne d’études, Ghislaine Jalbert, elle écrit alors, dans le cadre des travaux du Collège, un sketch qu’elle doit présenter aux participants et participantes. Choisissant la voie de l’humour pour présenter un sujet aussi sérieux et aride que la privatisation des entreprises, elles arrivent à charmer l’auditoire. La petite troupe des Mousquetaires venait de naître. Ce qui n’était au départ qu’un jeu, allait devenir une sorte de vocation sociale que les travailleurs et travailleuses accueillent avec enthousiasme.

Jusqu’à ce jour, les Mousquetaires ont donné dix-huit représentations. Le duo se produit à l’invitation des syndicats lors de réunion et colloques. Les thèmes portent sur le trafic humain, la privatisation et la défense des travailleurs et travailleuses.

Pour Neus Pont, son parcours d’immigrante et de militante se résume en peu de mots « Je participe à ce que je bâtis et à ce qui se bâtit autour de moi. »