Sans

Selon une légende tenace, cette proposition ne saurait être suivie que du singulier. Or, rien n’est plus faux, comme le prouve, entre autres, un tricot sans manches, pluriel dû au fait que ces dernières vont normalement par deux. De la même façon, on dira « une écurie sans chevaux », car on s’attend à en trouver plusieurs. Enfin, dans une dictée sans fautes, le pluriel de ce dernier nom se justifie par le fait qu’il est rarissime que pas plus d’une faute d’orthographe ne soit commise dans ce genre d’exercice.

Inversement, il est tout à fait normal de faire suivre la préposition sans d’un singulier dans « la bête sans tête »
et « un patriarche sans barbe ». La simple logique dicte le choix du singulier dans « un homme sans parole » et celui du pluriel dans « une histoire sans paroles ».

Le Monde ouvrier, numéro 48, mai-juin 2002