TÉMOIGNAGE : Alain Tremblay

Alain Tremblay Alain Tremblay est agent de griefs pour la section locale 332 du syndicat des Métallos. Il travaille chez Boutons du Canada, une entreprise privée qui fournit les manu-facturiers de vêtements et détaillants du monde entier. Depuis sept ans, il est impliqué dans le comité de francisation de l’entreprise.

Les comités de francisation : encore utiles?

Si l’employeur s’organise pour que le comité de francisation fonc-tionne, je suis convaincu qu’ensemble, nous pouvons faire avancer le français au travail. En ce sens, notre employeur démontre une grande ouverture à la francisation et nous accorde le soutien nécessaire. Le climat de travail est bon et nous nous comptons privilégiés de connaître une telle harmonie au niveau du dossier de la francisation.

Actuellement, l’entreprise réorganise son service des ressources humaines et le comité de francisation est en attente de nominations avant de reprendre ses travaux. À cet effet, nous avons appris que les nouveaux représentants de l’employeur ont demandé à l’Office québécois de la langue française une extension des délais pour leur permettre de former un nouveau comité.

Ici, la situation du français avance, on se rend compte qu’il prend plus de place. Notre syndicat y veille. La preuve : l’affichage doit être prioritairement en français. Peu de québécois travaillent dans l’entre-prise, mais la plupart des personnes immigrantes parlent français.

Boutons du Canada fait surtout affaire avec l’Angleterre et le système informatique est en anglais. Certains des postes informa-tiques sont bilingues, d’autres non. D’ailleurs, les trois quarts des négo-ciations se déroulent en français, malgré le fait que l’anglais soit la langue première des dirigeants. Ils se montrent très ouverts au français.

Nous croyons que le syndicat doit transmettre à ses membres toute information pertinente au sujet de la francisation dans le milieu de travail. Les travailleurs et travailleuses ont le droit de savoir. La collaboration entre le syndicat, l’entreprise et l’Office me semble un moyen efficace pour réaliser la francisation. Le gouvernement, lui, devrait affirmer haut et fort son intention de poursuivre le projet de francisation des entreprises.