TÉMOIGNAGE - Daniel Durocher

...grâce à la loi 101, le français a progressé au Québec depuis 25 ans. (Photo: Serge Jongué)

Daniel Durocher travaille depuis trois ans chez Tomasso Corporation, fabricant de pâtes congelées qui compte 120 employés dans la production, membres de la section locale 501 des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce. C’est son premier emploi dans une usine. Il est délégué et membre du comité de francisation. L’entreprise travaille avec l’Office en vue d’obtenir son certificat.

À mon arrivée chez Tomasso, quand j’ai vu qu’il y avait une forte proportion d’immigrants, près des deux tiers, je pensais que ça se passerait plus en anglais. J’ai été agréablement surpris. Je dirais que tout le monde parle français ou du moins se débrouille assez bien et surtout fait des efforts. Ce qui me frappe, c’est de constater que ça leur vient naturellement, qu’ils trouvent ça normal.

Les réunions du comité de francisation sont presque mensuelles et je trouve que ça va bien. Ces derniers temps nous avons commencé à travailler à la francisation des systèmes informatiques : les logiciels, les listes d’inventaires qui sont en anglais, les entêtes de courriel, etc. Il y a aussi du travail à faire pour nommer les produits et les outils en français. Ici, on parle plus d’habitudes à changer. Même nos fonctions. Moi je suis cariste à l’expédition. Quand j’utilise ce mot, qui veut dire « lift truck operator » ou « shipper », peu de gens comprennent.

Ce qui est encourageant au comité, c’est que nous avons un plan qui fixe des objectifs, des dates de réalisations, des moyens à prendre et des budgets. Quand on s’attaque aux logiciels, ça prend des budgets!

Quand je vois ce qui se passe dans l’usine chez nous, quand je vois les enfants d’immigrants qui parlent français à cause de l’école, je me dis que, grâce à la loi 101, le français a progressé au Québec depuis 25 ans.