TÉMOIGNAGE : Dominic Belleville

Dominic Belleville Dominic Belleville est directeur de l’organisation au Syndicat du vêtement, textile et autres industries (SVTI). Ses fonctions l’amènent à s’occuper du dossier de la francisation d’une centaine de lieux de travail dont les sections locales sont sous sa responsabilité.

Les comités de francisation : encore utiles?

À mon avis, les comités ne sont pas réellement efficaces parce que la Charte n’est pas assez précise sur ce point. De plus, je crois que la loi devrait être beaucoup plus contraignante en ce qui concerne la connaissance du français à l’embauche.

Dans les milieux de travail que je représente, la principale difficulté se situe au niveau de la francisation des personnes immigrantes. Dans de tels cas, la francisation de l’entreprise doit aller au-delà des affichages, des notes de service et des documents de travail, l’accent doit être mis sur les personnes. Pour y arriver, il faut de la bonne volonté de la part des employeurs car les personnes immigrantes suivront des cours de français seulement si elles sont libérées pendant les heures de travail, payées par l’employeur ou par le syndicat. La raison en est simple : elles manquent de temps, mais surtout d’argent. Il faudrait de temps à autre rappeler aux dirigeants des entreprises qu’ils ont des responsabilités en matière de francisation.

Le syndicat détient un rôle important dans le processus de franci-sation et il doit informer, sensibiliser et mobiliser ses membres pour la défense et à la promotion du français en milieu de travail. Je sais que ce n’est pas toujours facile mais il me semble qu’il y aurait moyen de mettre davantage d’efforts sur la francisation en milieu de travail.

Dans plusieurs entreprises, le français est en perte de vitesse parce que l’on embauche un grand nombre de personnes qui n’ont pas de connaissance du français. Ce n’est pas dans les régions que le problème se situe, mais bien à Montréal. En fait, tenter de faire adopter le français dans les entreprises où il y a des concentrations de personnes qui ne parlent pas français n’est pas une mince tâche. Par exemple, la compagnie Worldbest inc., une entreprise appartenant à la République populaire de Chine, installée à Drummondville depuis février 2002, embauchait, à son arrivée, un personnel de production pour la plupart unilingue chinois. Il devenait donc impossible d’y travailler en français. Le dossier a été porté à l’attention du syndicat et avec le soutien de l’Office la situation s’est grandement améliorée. Un comité de francisation a été formé et nous espérons qu’il pourra réaliser son mandat.