TÉMOIGNAGE - Luis Alvarado

Il faut aussi savoir lire et écrire. Nous avons besoin de programmes pour les gens qui veulent aller plus loin. (Photo: Serge Jongué)

Chiliens, ses parents sont arrivés ici comme réfugiés politiques en 1979. Luis Alvarado avait 11 ans. Il est aujourd’hui secrétaire archiviste de l’unité Services ménagers Roy et membre du comité de francisation à la section locale 800 de l’Union des employées et employés de service. Il a épousé une Colombienne qui occupe un emploi non-traditionnel dans le secteur municipal.

Dans l’entretien ménager, plus de la moitié des travailleuses et des travailleurs sont des immigrants. C’est un secteur dans lequel il est possible de travailler sans connaître la langue. Chez Services ménagers Roy, c’est différent parce que l’employeur exige le français à l’embauche.

Certains employeurs ont comme politique de placer des gens d’une même ethnie ensemble sur un contrat. Je trouve ça dommage. Ça fait des ghettos. Au syndicat, nous venons de réactiver le comité de francisation. Nous voulons mener une campagne pour forcer chaque employeur à mettre sur pied de tels comités.

Les immigrants s’intègrent beaucoup plus aujourd’hui. Les gens ici sont plus ouverts et les immigrants s’impliquent d’avantage, entre autres dans les syndicats. Aussi, depuis quelques années, ils sont plus scolarisés quand ils arrivent. Tout cela donne une société plus ouverte.

C’est qu’il faut comprendre aussi, c’est qu’un immigrant qui veut travailler, qui veut avancer socialement, doit apprendre le français. S’il ne le fait pas, il s’isole.

À la section locale 800, nous avons donné des cours de français les samedis pendant plusieurs années. Nous travaillons à relancer un autre projet. Nous le faisons parce que les employeurs sont peu préoccupés par la question. Pour les produits et les appareils, il y a encore trop de termes anglais.

Je suis aussi préoccupé par la question de l’alphabétisation. Ça touche tout autant les Québécois de souche que les immigrants qui parlent bien français. Il faut aussi savoir lire et écrire. Nous avons besoin de programmes pour les gens qui veulent aller plus loin.