TÉMOIGNAGE - Mathieu Moody

Je dirais qu’il y a eu des retombées de cette première dans le secteur de l’aéronautique. Mais on veut aller plus loin. (Photo: Serge Jongué)

C’était à la une du Monde ouvrier en décembre 1998 : « Bombardier Canadair : Un avion assemblé 100 % en français ». Membre de la section locale 712 de l’Association internationale des machinistes, Mathieu Moody siégeait, et siège toujours, au comité de francisation.

Le premier appareil, c’était le CRJ-50. Depuis, il y a les CRJ-700 et 900 qui se font en français. Pour les anciens produits, s’il n’y a pas de mise à jour, les vieux manuels sont toujours en anglais. La compagnie fait des efforts, mais ça ne va pas tout à fait assez vite à notre goût.

Aujourd’hui, les jeunes connaissent beaucoup plus les termes techniques français. Auparavant, à l’école, l’enseignement se faisait en français mais toute la terminologie était anglaise. Nos cahiers de montage sont très majoritairement en français. Les mots anglais constituent l’exception.

Je dirais qu’il y a eu des retombées de cette première dans le secteur de l’aéronautique. Mais on veut aller plus loin. Par exemple, quand il y a de la sous-traitance dans des entreprises de la région de Montréal, on veut envoyer les plans et devis en français. Ça se fait graduellement. Mais on est encore bien loin du 100 %. Ces entreprises pourraient exiger les plans en français, mais elles sont mal placées parce qu’elles sont au service du client.

Les comités de francisation sont toujours aussi essentiels dans les milieux de travail. Nous sommes les yeux et les oreilles pour les Québécois. Dans l’aéronautique, nous avons la chance d’avoir une table de concertation dirigée par la FTQ. C’est notre plus gros levier. On se rencontre, on échange des trucs, on s’encourage. C’est une forme de « thérapie de groupe ». Sans cette table, nous ne serions pas rendus où nous sommes. Sans l’ombre d’un doute.