TÉMOIGNAGE : René Gariépy

René Gariépy René Gariépy travaille chez Emballage Mitchell-Lincoln limitée. Président de la section locale 648 du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) depuis 1996, il représente 230 travailleurs et travailleuses.

Les comités de francisation : encore utiles?

Ici, le dossier de la francisation manque d’oxygène. La nouvelle direction en place depuis cinq ans ne semble pas manifester un grand intérêt pour le dossier contrairement à l’ancien qui, au cours des années 1980, a présidé à d’importants changements face à l’anglais.

Les machines que nous utilisons proviennent d’Europe et des États-Unis et tout ce qui les accompagne n’est pas nécessairement francisé. Le système informatique est francisé mais seulement depuis quelques années. La plupart des documents de travail sont disponibles en français et la francisation de la gestion des stocks a été faite. Sur ce dernier point, les employés ont démontré une certaine résistance face à ce changement puisque l’habitude de nommer les outils en anglais était bien intégré. Il arrive que la compagnie embauche des per-sonnes qui ne parlent pas français mais c’est très rare.

En ce moment, les relations de travail sont très conflictuelles; ce qui n’aide en rien l’application d’un programme de francisation.

De plus, l’employeur démontre souvent un désintéressement lorsque vient le temps de réunir son comité de francisation, ce qui, à mon point de vue, est inacceptable. Dans un tel contexte le dossier de la francisation se retrouve sur la voie d’évitement

Je crois que l’entreprise a le devoir de respecter la loi et surtout d’informer ses employés de la démarche de francisation. Malheureu-sement, les actions syndicales en faveur de la promotion du français sont souvent contrecarrées par notre employeur. Je crois que le gouvernement doit faire preuve de plus de détermination dans le dossier. La loi devrait être plus rigide afin d’amener l’employeur à respecter ses obligations de francisation.