TÉMOIGNAGE - Romiale Anthony

Le gouvernement doit absolument revenir à des politiques plus actives pour les nouveaux et les nouvelles qui arrivent ici ou qui ont été laissés de côté depuis quelques années.

Antonio Romiale Anthony travaille à l’Hôtel Delta depuis 16 ans. Il est président de l’unité locale depuis 12 ans et président depuis 5 ans de la section locale 5000 des Travailleurs canadiens de l’automobile, qui regroupe près de 1 000 employés de l’hôtellerie, principalement dans la région de Montréal.

L’hôtellerie et la restauration sont une porte d’entrée importante pour les gens qui arrivent au Québec. Au Delta, il y a 51 nationalités différentes. Mais la réalité du français n’est pas la même pour tout le monde. Bien sûr, quand on travaille avec la clientèle on doit parler français et même anglais. Mais pour les préposés aux chambres et les laveurs de vaisselle, la réalité est tout autre. Ils peuvent occuper ces emplois sans connaissance de la langue. C’est la réalité pour plusieurs qui se débrouillent à peine.

Auparavant, le gouvernement prenait les immigrants en charge dès leur arrivée : il y avait des cours de français avec les COFI. Aujourd’hui, ils sont laissés à eux-mêmes. Cela met une lourde responsabilité sur le milieu du travail et sur nous, les syndicats. Et on ne peut pas dire que les employeurs sont très ouverts.

Ce qui me fait le plus plaisir, c’est de voir les enfants d’immigrants qui ont souvent presque le même accent que les Québécois de souche. À cause de l’école, ça va très bien de ce côté. Mais je m’inquiète pour leurs parents qui, comme je le disais, sont laissés à eux-mêmes et ont souvent tendance à aller vers l’anglais.

Nous avons déjà organisé des cours de français au Delta il y a quelques années. Nous voulons reprendre l’expérience et nous avons aussi fait une demande pour le Château Champlain. Mais la francisation des immigrants par le milieu de travail a ses limites. Le gouvernement doit absolument revenir à des politiques plus actives pour les nouveaux et les nouvelles qui arrivent ici ou qui ont été laissés de côté depuis quelques années.