TÉMOIGNAGE : Yvon Thibault

Yvon Thibault Sucre Lantic est une raffinerie de sucre de canne située sur la rue Notre-Dame à Montréal. Yvon Thibault participe aux travaux du comité de francisation depuis dix ans. La section locale 333 du Syndicat international des travailleurs et travail-leuses de la boulangerie, confiserie, tabac et meunerie (SITBCTM) regroupe 260 travailleurs et travailleuses.

Les comités de francisation : encore utiles?
Les comités de francisation sont essentiels, sinon, l’anglais serait en premier plan dans l’entreprise. Ils ont beaucoup d’impact sur les travailleurs et travailleuses parce qu’ils jouent un rôle de sensibili-sation. Chez nous, un de nos thèmes est « Achetez en français » et tout le monde semble le respecter. Grâce au comité, tout va très bien ici. D’ailleurs, nous nous rencontrons quatre fois par année.
La documentation, les conversations internes, les affichages et les étiquettes sont tous en français ou bilingues. La seule difficulté réside au niveau du système informatique, qui est toujours en anglais. C’est notre cheval de bataille pour 2004. On est en Cadillac ici. Chez nous, il n’y a plus de représentants syndicaux au sein du comité de francisation. Il n’y a aucun travailleur ou travailleuse qui manifeste suffisamment d’intérêt pour s’impliquer activement dans le dossier de la francisation. C’est vraiment malheureux de constater ce manque de motivation de la part du syndicat. Heureusement, chez Sucre Lantic, le français conserve son statut grâce au comité de francisation. Nous sommes tout à fait conscients de notre situation privilégiée. Nous avons également à notre dispo-sition des cours de français, ce qui facilite grandement l’intégration des personnes qui ne parlent pas français. Il faut mentionner qu’au départ, la francisation était difficile parce que le siège social était à Westmount, où toutes les communications se faisaient en anglais. Depuis quelques années, le siège social est situé à même l’entreprise, ce qui a permis un bilinguisme plus approprié.