UN APPAREIL ASSEMBLÉ À 100% EN FRANÇAIS

De gauche à droite, les membres du comité de francisation, Josée Maillet, Mario Deraiche et Mathieu Moody, accompagnés de Pierre Grenier, officier guide au comité exécutif.

Pour la première fois dans l’histoire de Canadair et même de l’avionnerie au Québec, les travailleurs et travailleuses pourront assembler, en français, un appareil fabriqué à l’Avionnerie de Saint-Laurent, le nouvel avion régional CRJ-700.

« L’aérospatiale a toujours été présentée comme un secteur où la francisation des méthodes de production était impossible, a déclaré le président de la FTQ, Henri Massé. Les membres de la section locale 712 de l’AIMTA et leur comité de francisation viennent de faire la preuve du contraire. Pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses du Québec, cette heureuse nouvelle arrive comme un cadeau de Noël. »

Cette importante percée a été annoncée conjointement, le 10 décembre dernier, par le président, Henri Massé, le coordinateur québécois de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), Robert Guay, le président sortant de la section locale 712 de l’AIMTA, Michel Forget et Mathieu Moody, un des membres du comité de francisation. Ils étaient accompagnés du directeur du Service de l’information de l’Office québécois de la langue française (OQLF), Gérard Paquette.

Plus que des mots sur du papier
« C’est un travail de titan qui a été réalisé, d’affirmer Robert Guay, puisqu’il s’agit de dizaine de milliers de pages de documents en plus des programmes informatiques. Tout va dorénavant se faire en français, de la construction l’entretien. Nous innovons en développant une expertise qui pourra peut-être être exportée. »

De son côté, Mathieu Moody a souligné que « cette première va améliorer la qualité de vie au travail puisque les travailleurs et les travailleuses, surtout ceux qui connaissent moins l’anglais, vont désormais tout comprendre au lieu d’exécuter bêtement les tâches. Il y aura aussi augmentation de la mobilité pour nos membres. »
La route a été longue

De son côté, le représentant de l’OQLF, Gérald Paquette, a rappelé que dans ce secteur les employeurs avaient toujours prétendu que, s’il était possible de travailler en français au niveau de l’administration, ce ne l’était pas sur le plan technique. « Ce qui nous réjouit dans cette percée, affirme-t-il, c’est que les travailleurs et les travailleuses ont fait pression, ont exprimé clairement leur volonté de travailler en français et que l’employeur a collaboré. Le rôle de l’Office en a été un d’appui et de soutien. »

Dans le secteur de l’Aérospatiale, la FTQ joue un rôle majeur en travaillant étroitement, et ce depuis 1990, avec quatre de ses syndicats qui représentent la quasi-totalité des salariés de ce secteur. D’ailleurs, en mai dernier, la FTQ a organisé une mission d’observation sur l’état du français dans le secteur de l’aéronautique et de l’aérospatiale en France. « Les dix-huit membres de la mission, de déclarer Henri Massé, ont pu constater que, sans être parfaits, les milieux de travail en France sont la preuve vivante qu’il est possible de travailler en français dans ces secteurs de pointe. »

En conclusion, Henri Massé a rappelé que la FTQ a toujours prétendu que les progrès du français dans les milieux de travail passaient par la mise sur pied de comités de francisation. « Ce dossier constitue une preuve qu’il est possible de faire de grandes choses quand il y a la volonté d’avancer. À la FTQ, nous sommes très fiers de ce succès qui va, espérons-le, avoir des effets d’entraînement ici, au Québec, en même ailleurs dans la francophonie.»